Costumes espagnols à la Maison de Victor Hugo à Paris

 

La Maison de l’écrivain français le plus hispanophile, Victor Hugo, accueille un remarquable ensemble de costumes traditionnels espagnols issu des collections du Museo del Traje, le Musée du Costume et du Patrimoine ethnologique à Madrid.

Pour la première fois à Paris, une quarantaine de vêtements et accessoires de la fin du XVIIIe au début du XXe siècle, jadis catalogués au rang de témoignages folkloriques, révèleront le savoir-faire et l’ingéniosité de ceux qui les ont réalisés. Leur finesse d’exécution, leur impressionnante variété, ont inspirés les plus grands couturiers espagnols, comme Balenciaga.
Représentatifs de la vie en région, ils racontent l’âme des provinces espagnoles : Canaries, Andalousie, Catalogne, Majorque, Aragon, Castille, Salamanque… Emblématiques d’un métier, d’un groupe social ou culturel, d’un lieu d’origine ou encore des croyances religieuses de chacun, leur créativité ressort aujourd’hui avec force. Par l’exercice de broderie, de plissé, l’éventail des couleurs, la fantaisie des rubans, l’extravagance des chapeaux et des bijoux, ils acquièrent une singulière présence ; certains costumes richement décorés sont portés uniquement lors d’occasions festives. Ainsi, le cérémonial de la mariée dans la région de Tolède, voulait que la jeune fille superpose jusqu’à cinq toilettes. Certains métiers requéraient des vêtements spécifiques tels les habits de bergers de la région d’Extremadura – réalisés dans des matériaux très résistants, gros draps de laines ou cuirs souples, tannés à sec… Cette exposition souligne la valeur inestimable du travail des hommes et des femmes souvent modestes qui ont au fil du temps réalisé ces costumes précieux du quotidien. Cette « poésie de l’ordinaire » est élevée au rang des métiers d’art.

Jusqu’au 24 septembre 2017

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A associer avec la lecture du livre de Carole Martinez, « le coeur cousu »

Frasquita Carasco a dans son village du sud de l’Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu’elle coud, aux objets qu’elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu’elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d’un papillon qu’il s’envolera par la fenêtre ; le cœur de soie qu’elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement…

24. juillet 2017 par Sakartonn
2 commentaires

(2) commentaires

  1. Merci pour ce partage; la vidéo nous donne une bonne image de cette exposition.
    Je me rappelle bien cet ouvrage de Carole Martinez et sa brodeuse fantastique.
    Bonne journée !

  2. Le texte est très poétique aussi ! Moi, ces vêtements m’évoquent le film « la folie des grandeurs » qui était une adaptation loufoque du Ruy Blas de Victor Hugo…. Il ne manque que les bruits de l’été dans la chaleur de la nuit pour compléter le tableau car ici c’est grisaille et pluie fine…

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