Mathurin Méheut

Mathurin Méheut, né le 21 mai 1882 à Lamballe et mort le 22 février 1958 à Paris. Peintre, dessinateur, illustrateur, décorateur, céramiste, sculpteur, graveur. Un musée lui est consacré à Lamballe.

Le site du musée

Je dois avouer que je ne connais pas du tout cet artiste. Quelle lacune ! J’ai découvert avec joie, et une grande émotion l’oeuvre de ce peintre très prolifique. Il a absolument tout exploré dans le domaine de la création. La peinture, le dessin naturaliste, la sculpture, les panneaux muraux, et même la vaisselle, les objets publicitaires ou la tapisserie.

Le peintre entreprend un voyage au Japon en 1914. Durant ce séjour de 5 mois, il observe les paysages et personnages rencontrés à travers les provinces d’Osaka, Nara ou encore Kyôto. Ebloui par la beauté du Japon, il réalise de nombreux croquis et aquarelles. Ce voyage au Pays du Soleil Levant confirme ses choix iconographiques et marque son style japonisant.

A travers dessins et estampes, l’influence du japonisme perdure dans son oeuvre : compositions en diagonales, découpage du motif par le cadre, formats en longueur…

Dès l’après-guerre, débute une collaboration de plus de trente ans avec les faïenceries Henriot à Quimper, mais aussi avec la Manufacture de Sèvres et Villeroy & Boch. 

Véritable amoureux de la nature, Méheut s’intéresse très tôt à la forêt. Reconnu déjà comme peintre documentaliste et illustrateur, il est sollicité en 1924 par Lucien Plantefol pour illustrer le livre Étude de la forêt qui paraitra en 1927. Méheut s’installe plusieurs mois à Barbizon, parcourt la forêt de Fontainebleau et les Vosges. Le magnifique ouvrage composé de cent dix planches réparties en deux tomes est le point de départ du propos de l’exposition.

Des planches naturalistes représentant avec précision la flore des sous-bois aux paysages sylvestres de formats plus importants et à la facture plus libre, Méheut nous enchante au fil des saisons, avec ses talents de coloriste.

Dès le début de sa carrière, Méheut crée de magnifiques motifs de broderies, dentelles et batiks très colorés comme le prouvent ses créations et de nombreux articles parus notamment dans la revue Art et décoration, entre 1908 et 1913.

Cette fascination pour le textile perdure chez Méheut avec la découverte des costumes bretons, lors de pardons et fêtes religieuses en Cornouaille qu’il ne cessera de croquer et qui témoignent d’une grande diversité.

14 – 18, Méheut au front

1914. La déclaration de guerre surprend Mathurin Méheut alors qu’il est au Japon. Méheut et sa femme embarquent à bord du paquebot Amazone qui les ramène vers la France. Presque sans transition, Méheut est plongé dans l’enfer des tranchées. Le 17 octobre, il rallie le 136e régiment d’Infanterie sur le front à 5km à l’est d’Arras. Dés lors, pendant cinq ans, il sera d’abord militaire avant d’être artiste.

Comme tous ses compatriotes, il pense rejoindre son foyer rapidement, tant la victoire sur l’Allemagne semble évidente. On s’attendait à une guerre de mouvement mais c’est une guerre d’usure qui commence. Méheut, en première ligne, passe son baptême du feu dés la fin du mois d’octobre.

Des tranchées, il nous livre un témoignage sur la Grande Guerre grâce à ses nombreux croquis pris sur le vif. Les dessins et lettres qu’il envoie à sa femme relatent ainsi de la vie quotidienne dans les tranchées mais aussi de la dure réalité du conflit.

01. décembre 2020 par Sakartonn
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